
La connexion intrinsèque entre le sport automobile et les véhicules de série est une caractéristique fascinante de l’industrie automobile. Les constructeurs investissent massivement dans les compétitions pour tester les limites de l’ingénierie et innover dans des conditions extrêmes. Ces avancées, qu’il s’agisse d’aérodynamisme, de matériaux légers ou de technologies moteur, se retrouvent ensuite dans les voitures que le grand public conduit. Le succès en course améliore également l’image de marque, rendant les véhicules de série plus désirables. Ainsi, bien que peu de personnes possèdent une voiture de Formule 1 ou un prototype du Mans, l’expérience de conduite peut s’en rapprocher lorsqu’un moteur issu de la compétition équipe un véhicule de série.
Voici dix véhicules de série qui incarnent cette fusion entre la piste et la route, offrant une expérience de conduite empruntée au sport automobile :
Alfa Romeo Montreal
Moteur : Tipo 33 V8 atmosphérique
Cylindrée : 2,6 litres
Puissance : 200 ch
Couple : 173 lb-pi
L’Alfa Romeo Montreal intègre un moteur V8 de 2,6 litres, dérivé du prototype de sport Tipo 33, un véhicule d’endurance ayant participé aux 24 Heures du Mans et à la Targa Florio. Bien que légèrement dégonflé pour un usage routier, le moteur conserve une âme de compétition avec une plage de régime atteignant 7 000 tr/min et développant 200 ch. Son rugissement de V8, associé à son design distinctif, en fait l’une des Alfa Romeo les plus appréciées et sous-estimées.
BMW M1, M3 (E30), M5 (E28), M6 (E24)
Modèles : BMW M1, M5, M6 (M88 L6, 3,5L, 273 ch, 251 lb-pi) ; BMW M3 (S14 L4, 2,3L, 197 ch, 243 lb-pi)
Le patrimoine sportif de BMW est palpable dans ses modèles emblématiques. La BMW M1, notamment, était équipée du moteur L6 M88 de 3,5 litres, issu des programmes de compétition de la marque, spécifiquement pour la série M1 ProCar. Ce même moteur a ensuite propulsé les E24 M6 et E28 M5. Le moteur L4 S14 de l’E30 M3 était également basé sur les moteurs M88 et les moteurs turbo F1 M12. Il s’inspirait du succès de BMW en courses de voitures de tourisme, partageant composants et ingénierie avec les voitures qui dominaient le DTM.
Chevrolet Camaro ZL1 (1969)
Moteur : 427 V8 atmosphérique
Cylindrée : 7,0 litres
Puissance : 430 ch
Couple : 450 lb-pi
La Chevrolet Camaro ZL1 de 1969 était équipée d’un V8 de 427 pouces cubes (7,0 litres) conçu à l’origine pour la compétition Can-Am. Sa construction entièrement en aluminium le rendait léger pour sa taille et capable de délivrer une puissance impressionnante. Annoncé à 500 ch, il était légèrement dégonflé à 430 ch pour la version routière. Le package ZL1 transformait la Camaro en un monstre prêt pour le circuit, et son moteur a continué sa carrière dans diverses voitures de course de la série SCCA Trans-Am. Avec seulement 69 exemplaires produits, la Camaro ZL1 est aujourd’hui un modèle extrêmement rare et convoité.
Ferrari Dino 206 GT
Moteur : Dino V6 atmosphérique
Cylindrée : 2,0 litres
Puissance : 180 ch
Couple : 138 lb-pi
La Ferrari Dino 206 GT embarquait un moteur V6 de 2,0 litres, développé initialement pour les voitures de Formule 2 de Ferrari dans les années 1960. Bien qu’adapté pour un usage routier, le moteur conservait sa nature à haut régime, conférant à la Dino un esprit de course apprécié sur les routes sinueuses. Il développait 180 ch, une puissance largement suffisante pour une voiture pesant un peu plus de 900 kg. La Dino fut l’une des rares Ferrari ne portant pas le célèbre cheval cabré et marqua la première incursion de la marque italienne dans les voitures de sport à moteur V6 central, ouvrant la voie aux modèles futurs.
Ferrari F50
Moteur : Tipo F130B V12 atmosphérique
Cylindrée : 4,7 litres
Puissance : 513 ch
Couple : 347 lb-pi
Créée pour célébrer le 50ème anniversaire de la marque italienne, la Ferrari F50 pousse le concept de moteur dérivé de la piste à un niveau supérieur. Son V12 de 4,7 litres était directement issu de la Ferrari de Formule 1 de 1990, la Tipo 641 (plus tard renommée F1-90), pilotée par le légendaire Alain Prost. Ce bloc atmosphérique atteignait 8 500 tr/min et délivrait 513 ch, offrant une connexion brute et authentique avec l’expérience d’une F1 sur route. Avec des modifications minimales pour se conformer à la réglementation, la F50 était ce qui se rapprochait le plus d’une Ferrari homologuée pour la route à l’époque.
Ford GT
Modèles : Ford GT (2005) (V8 suralimenté modulaire, 5,4L, 550 ch, 500 lb-pi) ; Ford GT (2017) (V6 EcoBoost biturbo, 3,5L, 647 ch, 550 lb-pi)
La Ford GT est un hommage à l’une des voitures de course les plus légendaires de tous les temps : la Ford GT40, victorieuse du Mans. Le V8 suralimenté de 5,4 litres de la GT 2005 trouve ses racines dans le développement des moteurs d’endurance du constructeur, en lien avec le groupe motopropulseur utilisé dans les voitures de course prototypes Daytona de Ford. De même, la GT 2017 plus récente bénéficie de performances inspirées du sport automobile, propulsée par un V6 biturbo de 3,5 litres issu du programme EcoBoost de Ford utilisé en endurance.
Jaguar XJ220
Moteur : XJR-11 V6 biturbo
Cylindrée : 3,5 litres
Puissance : 542 ch
Couple : 475 lb-pi
L’une des voitures les plus emblématiques de la marque britannique, la Jaguar XJ220, devait initialement être équipée d’un moteur V12. Elle a finalement reçu un V6 biturbo de 3,5 litres issu de la voiture de course Jaguar XJR-11 du groupe C. Ce moteur, issu de la compétition, a permis à la XJ220 d’atteindre une vitesse maximale de 217 mph (environ 349 km/h), en faisant la voiture de série la plus rapide du monde pendant une courte période. Le moteur de la XJ220 fut l’un des plus avancés et éprouvés sur piste à se retrouver dans une voiture de route.
Plymouth Belvedere (1964)
Moteur : 426 Hemi V8 atmosphérique
Cylindrée : 7,0 litres
Puissance : 425 ch
Couple : 490 lb-pi
La Plymouth Belvedere de 1964 peut sembler banale à première vue, mais elle cachait sous son capot le légendaire V8 426 Hemi, un moteur développé spécifiquement pour la NASCAR. Surnommé le “Race Hemi”, ce moteur fut une force dominante sur les circuits avant de faire son entrée dans la gamme de production de Plymouth. La version routière de la Belvedere, développant 425 ch, est devenue l’une des muscle cars les plus puissantes des années 1960, une réputation que la marque a maintenue jusqu’aux années 1970 avec sa légendaire ‘Cuda.
Porsche 918 Spyder
Moteur : RS Spyder V8 hybride atmosphérique
Cylindrée : 4,6 litres
Puissance : 875 ch (combinée)
Couple : 944 lb-pi (combinée)
Le moteur V8 de 4,6 litres de la Porsche 918 Spyder était basé sur celui de la RS Spyder, une voiture de course prototype qui a concouru dans la catégorie LMP2 aux 24 Heures du Mans. La 918 combinait ce moteur dérivé de la compétition avec des moteurs électriques pour produire une puissance stupéfiante de 887 ch, lui permettant d’atteindre 60 mph (environ 96 km/h) en seulement 2,2 secondes (selon des tests indépendants), se positionnant ainsi parmi les voitures les plus rapides de tous les temps. Bien que les moteurs électriques contribuent à cette performance, c’est le V8 d’origine course qui procure les sensations émotionnelles et acoustiques de la voiture.
Porsche Carrera GT
Moteur : Porsche V10 atmosphérique
Cylindrée : 5,7 litres
Puissance : 603 ch
Couple : 435 lb-pi
La Porsche Carrera GT est souvent considérée comme l’une des plus grandes supercars analogiques jamais construites, une grande partie de sa légende provenant du moteur V10 qui l’anime. Ce V10 de 5,7 litres a été initialement développé pour la Formule 1 à l’époque des moteurs V10. Le projet n’ayant pas abouti, il fut mis de côté avant d’être utilisé dans un prototype du Mans qui n’a jamais pris la piste. Porsche a ensuite décidé d’intégrer ce moteur d’origine course dans sa supercar phare, permettant à la Carrera GT de développer 612 ch et d’atteindre 8 000 tr/min. Avec sa construction légère et son ADN issu du sport automobile, la Carrera GT reste l’une des supercars les plus exigeantes à piloter.